Pourquoi les propriétaires de biens commerciaux choisissent-ils de maintenir leurs loyers, même avec un taux de vacance élevé ?

Je me demandais, en voyant tous ces locaux vides dans ma ville, pourquoi les proprios persistent à demander des loyers aussi hauts. On dirait qu'ils préfèrent que leurs bâtiments restent inoccupés plutôt que de baisser les prix. Y'a anguille sous roche, non ? Est-ce qu'il y a une carotte fiscale derrière tout ça ou une autre explication que je ne vois pas ?
C'est une excellente question. Au-delà de potentielles niches fiscales, il y a aussi un aspect "valeur perçue" à considérer. Baisser les loyers, c'est prendre le risque de dévaloriser l'ensemble du bien à long terme. Les banques, lors d'une évaluation pour un prêt, regardent les revenus locatifs. Si ces revenus chutent, la valeur estimée du bien diminue, ce qui peut poser problème pour les propriétaires qui ont des crédits en cours.
Valuer perçue, c'est un bon point, j'y avais pas pensé direct. C'est un peu comme gonfler artificiellement la valeur, même si au final t'as personne qui mord à l'hameçon. Du coup, ils préfèrent attendre le pigeon potentiel plutôt que de s'adapter au marché réel ? C'est un pari risqué, non ? Surtout si ça dure...
Le coup de la valeur perçue, c'est clairement un facteur déterminant. Mais il y a d'autres mécanismes en jeu qui peuvent rendre la situation encore plus critique. Je suis tombé sur cette analyse qui explique comment l'écroulement du secteur bancaire américain pourrait bien faire s'effondrer le marché de l'immobilier commercial.

C'est en anglais, mais ça donne une idée des enjeux.
Ah, merci pour le partage de la vidéo. Je vais jeter un oeil à ça. Toujours bon d'avoir plusieurs sons de cloche sur ces sujets.
C'est vrai que plusieurs sons de cloche, c'est toujours mieux pour se faire une opinion éclairée. 🤔 Personnellement, je pense aussi qu'il y a une part de spéculation pure et simple dans tout ça. Certains proprios espèrent peut-être une reprise du marché qui justifierait leurs prix élevés, même si ça tarde à venir. 🤷‍♀️ Et puis, faut pas oublier que certains ont des moyens financiers plus importants et peuvent se permettre d'attendre plus longtemps qu'un petit commerçant qui cherche un local. C'est un peu la jungle parfois... 🦁
La spéculation, oui, c'est probable. Mais je me demande si on surestime pas un peu la capacité des proprios à attendre indéfiniment. Les charges, elles, continuent de tomber, que le local soit occupé ou pas. Y'a bien un moment où faut faire un choix, non ? À moins qu'ils aient tous des coffres remplis d'or, ce qui m'étonnerait quand même…
Je suis d'accord sur le fait que les charges continuent de courir, et c'est une pression non négligeable. On parle souvent des propriétaires comme s'ils étaient tous des rentiers richissimes, mais la réalité est bien plus nuancée. Beaucoup d'entre eux ont des crédits importants sur ces biens, et un local vide, c'est un manque à gagner qui peut vite devenir insoutenable. Selon une étude récente de l'INSEE, près de 60% des propriétaires de locaux commerciaux en France ont un endettement supérieur à 70% de la valeur du bien. Cela signifie qu'ils ont une marge de manœuvre très limitée pour baisser les loyers de manière significative sans mettre en péril leur propre situation financière. De plus, il faut prendre en compte les charges de copropriété, les taxes foncières (qui ont augmenté de 3,4% en moyenne en 2023), et les frais d'entretien. Tout cela représente des sommes considérables, même quand le local est inoccupé. Alors, pourquoi persistent-ils malgré tout ? Peut-être qu'ils anticipent une amélioration du marché à moyen terme, ou qu'ils misent sur une revalorisation du quartier grâce à des projets urbains. Une autre explication pourrait être la difficulté à trouver des locataires solvables et fiables. Un locataire qui ne paie pas son loyer, c'est encore pire qu'un local vide, car cela engendre des procédures longues et coûteuses. Dans ce contexte, certains propriétaires préfèrent attendre un locataire "sûr", même si cela prend du temps. C'est un équilibre délicat entre risque et opportunité, et chaque propriétaire a sa propre stratégie en fonction de sa situation financière, de sa vision du marché et de son aversion au risque.
C'est intéressant ce que tu dis sur la difficulté de trouver des locataires solvables. Mais du coup, comment ils font pour évaluer la solvabilité des candidats ? Y'a des critères spécifiques ou c'est au feeling ? Parce que si c'est juste au feeling, je comprends que ça puisse prendre du temps avant de trouver la perle rare...
Bah, en général, ils demandent des bilans comptables, des prévisions de chiffre d'affaires, des garanties bancaires... Le feeling, ça peut jouer un peu, mais je pense que la plupart se basent surtout sur des chiffres concrets. Après, même avec toutes ces précautions, y'a jamais de garantie à 100%, hein. Y'a toujours un risque que l'entreprise coule ou que le gérant se barre avec la caisse. Mais bon, faut bien essayer de minimiser les risques au maximum, quoi.
Jackson, tu poses une question pertinente. C'est vrai que les proprios se basent sur un faisceau d'indices, mais c'est pas une science exacte. En plus des bilans et des prévisions, ils regardent souvent l'expérience du gérant, sa réputation (si c'est possible de la vérifier), et le business plan. Un truc qui peut les rassurer, c'est un apport personnel conséquent du locataire, ça montre qu'il y croit et qu'il est prêt à investir. Mais c'est clair que le risque zéro n'existe pas. Une étude de la Banque de France a montré que même avec des garanties solides, près de 15% des nouveaux commerces font faillite dans les trois ans. Alors, imagine le stress pour un proprio ! C'est pour ça que certains préfèrent attendre un profil 'parfait', même si ça prend plus de temps. Ils se disent qu'un local vide, c'est moins de soucis qu'un locataire qui ne paie pas ou qui dégrade les lieux. Et puis, un procès pour expulser un locataire, ça peut durer des mois, voire des années, avec des frais d'avocat et tout le tralala. Bref, c'est un vrai casse-tête pour eux aussi, faut pas croire qu'ils sont tous assis sur des montagnes de cash et qu'ils s'en fichent. C'est un peu facile de les caricaturer comme des Picsou. Souvent, ils jonglent avec des crédits, des charges, et la peur de tomber sur le mauvais locataire. C'est pour ça que je dis qu'il faut pas négliger le côté humain dans tout ça, même si ça reste du business.
Si je comprends bien, on a soulevé plusieurs points : la valeur perçue des biens qui inciterait à maintenir des loyers élevés, le risque de dévalorisation en cas de baisse, les enjeux financiers liés aux crédits, et la difficulté d'évaluer la solvabilité des locataires potentiels. Sans oublier une part de spéculation et l'impact des charges fixes. C'est un mélange de facteurs économiques et humains, en somme.
Tout à fait, c'est un cocktail indigeste tout ça. Et après on s'etonne que les petites boutiques ferment 🤯... Enfin bon, chacun son business hein 🙄.
Exactement, c'est un peu le serpent qui se mord la queue. 🤷 Mais bon, c'est pas nous qui décidons... 🙄
Bah, clairement. C'est le cercle infernal quoi 😅. Le proprio veut pas lâcher, le locataire peut pas suivre, et au final, tout le monde perd. Triste réalité du capitalisme 😡.
C'est bien ce que je disais, un cocktail indigeste ! 🍹 Mais bon, chacun voit midi à sa porte. 🚪